« Le marché est extrêmement dur et virulent, mais
heureusement, on a des spécialités comme les cafés
aromatisés. Il faut se différencier et garder de
l'avance sur les autres. Il n'y a pas d'autre solution »
confie Patrice Gonzalez, créateur, en 1996, de la
société Le Temps des Cerises. Parti de rien mais fort
de son expérience chez Segafredo, cet ingénieur-agro
s'installe à l'Agropole. Là, il développe avec un aromaticien,
Nicolas Boultareau, des cafés aromatisés.
Trois arômes au départ (noisette, chocolat, vanille),
une trentaine aujourd'hui. Après le café, ce sera le thé
(une vingtaine de références). La gamme s'étend. Le
succès est là. Le Temps des Cerises devient leader
des cafés aromatisés en France. En 2001, Patrice
Gonzalez rachète le torréfacteur agenais Taillefer
puis, en 2002, une entreprise artisanale de traitement
et de conditionnement d'arachides salées. Naît alors
la gamme Apéro-bistrot et pour le sucré France
Folie's (bonbons, dragées et autres graines caramélisées).
Les différents sites sont regroupés en 2004 sur
l'Agropole et en 2005, la surface de production passe
de 2 200 m2 à 4 600 après quelque 2,6 millions d'€ d'investissements en trois ans.
Taillefer, maître torréfacteur depuis 60 ans
|
Entreprise Taillefer
(Source:E. Rignault) |
Retour dans l’arôme du temps… Rien ne prédestinait
Pierre Taillefer à se lancer dans l'industrie du
café. Spécialisé dans le commerce de la vaisselle, il
s'aperçoit, en offrant des sachets de café, de l'immense
potentiel du produit. Sous l'impulsion de son
gendre, Monsieur Delhomme, promu à la tête de la
société, il envahit les linéaires des épiceries et des
grandes surfaces. Dès 1970, le mélange
« Dégustation» est créé et devient rapidement le café préféré
des Agenais en quête d'authenticité. Dans les années
90, Taillefer quitte la place du Pin pour la ZAC Agen
Sud, puis l'Agropole en 2001. Pour rester en contact
avec le consommateur, une boutique propose les produits
fraîchement torréfiés mais aussi des machines à café, vaisselle, produits d'épicerie fine... La fusion
des deux entreprises va positionner les produits dans le haut de gamme. Taillefer qui emploie les deux tiers
du personnel, devient la société de production. Le
Temps des Cerises s'occupe de la distribution et de la
communication. Le café représente l'essentiel de l'activité.
« Nous en produisons entre 1,7 et 2,5 tonnes
par jour, explique Djamila Lagarde, responsable de
communication. Nos cafés commercialisés dans la
grande distribution, le réseau traditionnel, le luxe alimentaire
et les grossistes, viennent du monde
entier. » En témoignent les sacs entreposés au nom évocateur : Brésil, Mexique, Salvador, Guatemala,
Afrique... « On maintient la tradition artisanale. Tout
est automatisé mais il n'y a pas de logiciel. Tout se
fait au feeling » précise avec fierté Daniel Martinez,« un ancien de Taillefer », 14 années d'expérience.
« Pour la première fois l'an dernier, nos cafés ont
représenté 1 % du marché. C’est pas mal. Segafredo
fait 8 % » se réjouit Patrice Gonzalez.
Taillefer, une équipe de professionnels
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Café Taillefer
(Source:E. Rignault) |
La croissance de plus de 40 % en 2003/2004 ne doit
rien au hasard. « De la torréfaction à la livraison,
tout est crupuleusement soigné afin d'apporter
pleine satisfaction aux consommateurs et à nos partenaires.
Nos produits bénéficient de procédés dits
traditionnels pour leur confection. La traçabilité est
assurée. Des analyses quotidiennes et approfondies
sont effectuées. Cela nous permet d'améliorer sans
cesse le produit en terme de conditionnement et de
délais de conservation. Pour la qualité, nous travaillons
avec des instituts spécialisés tels qu'Agrotec,
centre de ressources et de technologie, et des lycées
professionnels et techniques » souligne Djamila
Lagarde. Ainsi, après huit mois de mise au point,
Taillefer sort une nouvelle gamme aux noms romantiques
dans un packaging couleur cerise : Flânerie à
Rome (Arabica moulu saveur violette et rose), Songe
oriental (Arabica moulu saveur cannelle et miel),
Escale à Kyoto (Arabica moulu saveur poivre de
Sechwan et Litchi)... « Plus que de vendre un arôme,
nous voulons proposer un univers » précise Patrice
Gonzalez. L’entreprise affiche un chiffre d'affaires de
6,8 millions d'€ en 2005 et devrait atteindre les
8 millions d'€ en 2006. Elle emploie une cinquantaine
de personnes, privilégie les partenaires locaux
et accueille de nombreux stagiaires. En 2006, le secteur
export sera développé vers l'Europe du Nord.
D’autres projets ? « Top secret. Peut-être en début
d'été ! » murmure Patrice Gonzalez.
www.letempsdescerises.fr
C.P.