
Au pays du rugby
Serge Mericq, l'international de la mer
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Serge Mericq
(Source:D. Sellier) |
Quand la marée monte en Ovalie et que le rugby permet d'y surfer, c'est carrément époustouflant. En 40 ans, Serge Mericq, à partir d'Agen et de presque rien, est devenu un
international de la mer, faisant de sa société
implantée à Estillac l'un des leaders français de la
marée et la seule de ce type en Aquitaine.
Serge Mericq a débuté, en 1960, dans un petit garage
de la rue Paulin-Régnier à Agen, avec une camionnette.
La nuit, il allait au marché des Capucins à Bordeaux
chercher le poisson qu’il distribuait au petit
matin sur les marchés de Villeneuve, Nérac,
Condom... Aujourd’hui, sur les trois hectares qu'il
vient d'acquérir à côté de son entreprise de la Zac de
Mestre-Marty à Estillac, il compte construire une
nouvelle unité de 4 500 m2. Pourtant, rien ne prédestinait
ce jeune passionné de rugby à intégrer la « grande famille de la marée ».
Le partenaire marée du grand Sud-Ouest
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Entre 23 et 2 heures du matin, une large gamme de coquillages, crustacés et poissons entiers, en filets et en darnes arrive à Estillac
(Source:D. Sellier) |
« Grâce au rugby », il quitte très vite son garage pour
s'installer au marché-gare d'Agen. Et petit à petit des
portes s’ouvrent : La Ruche Méridionale, l'hôpital...
L'esprit d'équipe lui
permet de gagner des
parts de marché et de
transformer ses essais.
En 1993, il s'installe à
Estillac. « Sans le Sporting,
les banquiers
n'auraient pas suivi »
souligne-t-il. Maintenant,
avec une expérience
de plus de 40
ans, il joue sur les
terrains du négoce
(90 %), mareyage
(lancé en 2001 : 8 %),
transformation (depuis 2003 : 2%). Ses points d'ancrage : Niort,
Royan, Bordeaux,
Arcachon, Saint-
Jean-de-Luz, Agen-
Estillac, Toulouse...
Mericq, c'est 11 000
tonnes de produits de
la mer commercialisés
chaque année,
500 points de vente
livrés quotidiennement,
un service
de distribution performant
(60 tournées/
jour), des clients
du commerce de détail (poissonnerie, grandes et
moyennes surfaces), des grossistes européens... Face à
ses concurrents, il progresse sur une filière marée
pourtant en difficulté.
Règles du jeu de la mer
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Mericq commercialise 11 000 tonnes de produits de la mer chaque année
(Source:D. Sellier) |
« Ici, explique André Abadie, directeur général,
chaque client est en relation avec une équipe de spécialistes.
La société assure la préparation et l'expédition
des commandes sur l'ensemble du territoire. » La
salle des marchés ressemble à celle des grands ports
de l'Atlantique et, lorsque le poisson arrive en palettes
entre 23 et 2 h du matin, l'ambiance « criée » est
garantie. Mericq propose une très large gamme de
coquillages, de crustacés et de poissons entiers, en
filets, en darnes et en produits élaborés frais. La qualité
est garantie et les clients sont livrés dans les délais
et le respect de la chaîne du froid. Ainsi, Mericq est
l'international du poisson, installé en zone rurale à
200 km de la mer ! « Sur les cinq dernières années,
nous avons triplé le chiffre d'affaires, rappelle Pierre
Cardona, directeur financier. Nous employons 85 personnesà Agen. Sur le plan national, dans le négoce,
nous devons être 6 ou 7e. » Les barquettes de poisson
frais conditionnées sous atmosphère protectrice sont un nouveau terrain à conquérir.

Au pays du pruneau
Jean-Yves Catalen, roi des fruits moelleux
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Jean-Yves Catalen
(Source:D. Sellier) |
Après avoir beaucoup « bourlingué », Jean-Yves
Cadalen dépose, en 1992, son sac au pays natal :
Allemans-du-Dropt (400 habitants). Il transforme
l'ancien séchoir à tabac familial et y installe une
unité de fabrication de fruits moelleux selon un
procédé original. Il ne s'imagine pas alors que ses
fruits vont naviguer sur les mers et les océans et
faire d'Inter Diffusion Fruits Plus une référence
dans le monde entier.
Breton par son père, Lot-et-Garonnais
par sa mère, Jean-Yves
Cadalen, fils d'agriculteur et
pruniculteur lui-même, a très
vite été tenté par le vent du
large. En 1980, il quitte l'agriculture.
Il accumule les expériences
de la supérette à la caveà vin, du grand groupe alimentaireà la direction commerciale d'un
groupe chocolatier. Mais, à 46 ans, il se met « à marcher
pour lui »
Une niche unique au monde
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En 2005, quelque 450 000 bocaux de fruits au sirop sont préparés à Allemans-du-Dropt
(Source:D. Sellier) |
Un projet lui trotte dans la tête, il vend son bateau et
crée Inter Diffusion Fruits Plus. Il envisage d’exploiter
le procédé familial « unique au monde » de
séchage de pruneau. La méthode maison, « Pleine
Saveur », permet de réhydrater les fruits secs sélectionnés
avec soin, en conservant tous leurs arômes et
leurs qualités. Ce secret « donne à Inter Diffusion
Fruits Plus, ainsi qu'à ses clients, de précieuses longueurs
d'avance sur la totalité des concurrents ». Il
permet d'obtenir des fruits moelleux et fondants, qui
gardent leur brillant naturel avec une fraîcheur de
goût unique. L'abricot sert de test avant que la
gamme ne s'élargisse aux fruits traditionnels (pruneaux,
figues, melons, pêches, poires, pommes, raisins)
et exotiques* (ananas, papayes, mangues, coco,
gingembre, bananes et airelles). L’entreprise propose
plusieurs conditionnements : vrac carton de 5 kg
pour les détaillants, sachet et barquette. La commercialisation
s'appuie sur les grossistes et les distributeurs
en France et à l'étranger : 35 % du chiffre d'affaires
se fait avec le Japon, les Etats-Unis,
l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique. Une progression
qui l'a conduit à investir en 2004, 500 000 €
dans 1 500 m2 de bâtiments et l'acquisition de matériel
de production.
Des fruits tendance
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Les fruits de Inter Diffusion Fruits Plus sont reconnus par les grands nom de la pâtisserie et de la chocolaterie
(Source:D. Selliert) |
« Les consommateurs de nos fruits sont des sportifs.
Nos produits sont reconnus et recherchés par les diététiciens
et les nutritionnistes pour une alimentation
raisonnée. Chez les acteurs des métiers de bouche,
nous sommes référencés parmi les plus grands noms
de la pâtisserie et de la chocolaterie mondiale. Notre
fruit est plus pratique que le fruit frais à courte durée,
plus naturel que le fruit confit, plus savoureux que le
fruit au sirop, plus concentré en arômes. Les industriels
font appel à nous pour avoir de vrais arômes et
de vraies saveurs. » Il s'agit donc de répondre à la
demande et 60 % des produits sont commercialisés
sous marque distributeur, et sous marque Les fruits
du Sud. Depuis 5 ans, les fruits au sirop aromatisé
(miel, vanille, coquelicot…) se trouvent dans les
colis gourmands : 5 000 bocaux en 2000 et 450 000
en 2005. Au-delà du produit, il y a toute une philosophie
: esprit d'équipe et esprit de famille. « Nous
avons une trentaine de salariés, les trois quart sont
des femmes. Je suis secondé depuis 6 ans par un
gendre et un fils. J'ai tenu à ce qu'ils fassent la même
formation en même temps pour apprendre notammentà se connaître. » Ce rural a su devenir un industriel
dans le fruit.
* Jean-Yves Cadalen a fait un transfert de technologie aux
Canaries pour le séchage de la banane.
C.P.