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Entreprendre / Reportages / Transmission d'entreprise

Transmission d'entreprise - Reprendre une entreprise
(article extrait du magazine Confluent n° 64)

C’est parce que le Lot-et-Garonne manquait de repreneurs pour ses entreprises que le Conseil général, en réponse aux inquiétudes exprimées par la Chambre de métiers et la Chambre de commerce et d’industrie, a lancé la campagne de communication « Vous avez quinze jours pour quitter Paris ».


Dix-huit mois plus tard, l’objectif est atteint : outre l’installation de près de 70 familles, les chiffres font apparaître une progression de la reprise d’entreprise plus forte en Lot-et-Garonne que dans les départements voisins. Et de nombreux cédants se sont fait connaître. Mais la reprise reste une aventure, qui a souvent besoin de temps pour se concrétiser... Témoignages.

Bar "Le Brennus" à Bon Encontre - Transmission réussie

Mr et Mme Souchay - Bar "Le Brennus" à Bon Encontre
Avec cette reprise, B. Souchay réalise un rêve de jeunesse. Son épouse le soutient dans cette aventure.
(Source:D. Sellier )
Ancien commercial en informatique, Bernard Souchay, 49 ans, a décidé de changer de vie. Adieu la Beauce ! Séduit par l'opération Entreprendre en Lot-et-Garonne, il a tout « largué ». Son souhait : tenir un bar. Un vieux rêve de jeunesse qui s'est concrétisé le 13 mars dernier, avec la reprise du bar Le Brennus à Bon-Encontre.
Bernard Souchay n'avait jusqu'alors que traversé quelques fois le Lot-et-Garonne mais « c'est là que je prendrai ma retraite ». Le projet a pris forme plus tôt que prévu. « Quand j'ai vu la proposition Vous avez quinze jours pour quitter Paris, j'étais au chômage. J'ai immédiatement pris contact avec Bruno d'Erceville à Agen. L’équipe d’Entreprendre en 47 m'a fait des propositions et m'a accompagné de A à Z. Je n'ai pas été lâché dans la nature. » Le choix de Bernard et de son épouse Sonia se porte, après un an de transaction, sur le bar Le Brennus à Bon-Encontre. L'affaire conclue, l’ancienne patronne restera une quinzaine de jours pour lui passer le relais et lui présenter les clients.
Conserver les clients
« Une transmission est moins stressante qu'une création, il y a déjà un acquis, on ne part pas de zéro » mais Bernard avoue tout de même n'avoir pour l'instant « récupéré qu'une partie de la clientèle ». Les difficultés d'une reprise ? « Aucune dans mon cas. Il n'y a pas eu de chute du chiffre d'affaires. Côté clientèle de proximité, c'est à moi de la retenir et d'en attirer une nouvelle. » Et pour la séduire, Bernard a plusieurs projets : changer le décor, créer des soirées à thème, profiter de la terrasse pour faire des barbecues. Bernard et Sonia qui ont vendu leur maison pour investir dans cette affaire, sont heureux de l'environnement, de la gentillesse des gens, du calme et de la douceur de vivre...

Entreprise Hilaire à Auriac-sur-Dropt - Transmission en couleur


Mr Pascal Hilaire - Entreprise Hilaire à Auriac-sur-Dropt
La maison de P. Hilaire sera la vitrine de son entreprise et de son savoir-faire
(Source:D. Sellier)
Pascal Hilaire est un homme de challenge. Il refuse de rester les deux pieds dans le même pot, fut-il de peinture. En reprenant, en septembre 2004, l'entreprise de peinture de Daniel Garbuio, cet ancien salarié, conducteur de travaux, a tout de même joué la prudence, préférant succéder à créer.
« J'ai connu Daniel Garbuio par l'intermédiaire des fournisseurs. A 60 ans, il souhaitait prendre sa retraite. De mon côté, la quarantaine venue, je voulais voler de mes propres ailes. L'affaire était à saisir et la campagne Entreprendre en 47 m'a motivé. » Pascal et sa femme Rose-Marie, assistante vétérinaire, quittent le Bassin d'Arcachon pour la campagne lot-et-garonnaise plus calme, moins onéreuse, plus agréable à vivre au quotidien. « Toutes les bonnes conditions de reprise étaient réunies. L'entreprise qui avait trente ans, marchait bien avec deux salariés, avec une bonne clientèle et un carnet de commandes bien rempli. Il n'y avait pas d'autre artisan dans le secteur. Il est certain que sans Daniel Garbuio, nous n'aurions eu aucun contact au départ. »
Se faire adopter par les clients et les habitants
Les difficultés ? « Il fallait moderniser et se diversifier. A la peinture, j'ai ajouté la plâtrerie sèche. Au niveau gestion, j'ai apporté la technique. Ma femme a pris une année sabbatique pour m'aider. Le plus difficile est peut-être, malgré le parrainage, de se faire adopter, même si l'on est très bien accueillis. Nous avons acheté une maison que nous restaurons. Elle sera la vitrine de l'entreprise. » Le bilan des premiers mois est positif. Pascal et Rose-Marie se sont impliqués dans la vie locale. L'air de la mer ne leur manque pas. Leur espoir : avoir trois ou quatre ouvriers.

Entreprise Devalle à Nérac - Second du patron pour une transmission

Mr Jean-Etienne Bougnoux - Entreprise Devalle à Nérac
JE Bougnoux a choisi Devalle pour son savoir-faire et sa renommée nationale
(Source:D. Sellier)
Agé de 48 ans, en région parisienne depuis plus de 20 ans, Jean-Etienne Bougnoux, limousin d'origine, a connu les postes à responsabilités dans différentes industries de hautes technologies. Licencié économique, il avait le choix de la reconversion : salarié, consultant, créateur ou repreneur d'entreprise. C'est cette derrière solution qu'il a choisie. Il a intégré le 2 mai dernier l'entreprise Devalle1 à Nérac, comme Second du patron.
« La campagne Entreprendre en Lot-et-Garonne est tombée à propos et, après renseignements et contacts divers, j'ai repéré l'entreprise Devalle que son fondateur Michel Devalle cherchait à transmettre » se souvient Jean-Etienne Bougnoux. Pourquoi Devalle ? « Son patron souhaitait passer la main en biseau et s'appuyer sur un associé pour re-dynamiser l'entreprise. Son potentiel est réel et important, la marque Devalle, qui a 30 ans d'existence, est très connue au niveau national et dispose d'un savoir-faire unanimement reconnu et des équipements techniques de premier ordre. » Les conditions générales étant requises, comment cela s'est-il passé ? « La prise de contact s'est effectuée simultanément avec la Chambre de métiers de Nérac et avec l’équipe d’Entreprendre en Lot-et-Garonne par l'intermédiaire d'Antoine Plantey et plus particulièrement avec mon "parrain" Dominique Bachellerie. »
Le Sud-Ouest attire
« Les échanges, études diverses et négociations ont duré environ 12 mois. J'ai intégré Devalle grâce au dispositif "Second du patron" qui joue un rôle déterminant pour cette période de démarrage. Je veux souligner la qualité des entretiens, des informations reçues et de l'accueil. » Jean-Etienne avoue que « outre l'intérêt professionnel pour l'activité de Devalle », sa localisation a joué un rôletrès important. « Limousin, je suis arrivé à Paris à l'âge de 24 ans, bien décidé à n'y rester que le strict minimum. La vie en a décidé autrement. Mon épouse, gersoise, a le même parcours. N'ayant plus qu'un enfant de 7 ans à charge, toutes les conditions de retour en province étaient réunies. Nous y sommes. Heureux ! »

1) Devalle conçoit, fabrique et commercialise des groupes motopompe et des groupes électrogènes pour l'agriculture, l'industrie, l'incendie.

C.P.
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