Deux millions de pots de desserts par jour
(article extrait du magazine Confluent n° 63)
A l'origine PME familiale, la laiterie de Ladhuie à Montayral a longtemps rivalisé avec les géants de l'ultra-frais, jusqu'à ce jour de 1998 où elle a intégré Lactalis*. |
![]() |
| (Source:MN Liaud) |
C'est simple : des œufs extra frais, du lait, du sucre, et quelques autres ingrédients. Si simple, que depuis plus de cinquante ans, chaque année, des millions de Français dégustent les desserts lot-etgaronnais. Très vite, l'usine de Ladhuie s'est orientée vers les petits pots de crème déclinés au caramel, beurre salé, rhum-raisin, chocolat, café, noix de coco… les gâteaux de riz, îles flottantes, clafoutis aux cerises, babas au rhum… avec des recettes parfois allégées qui diminuent le taux de matière grasse, tout en respectant le goût d'origine.
Recettes traditionnelles mais outils avant-gardistes
Simple, mais pas simpliste. Sur 14 500 m2 bâtis, les locaux abritent 300 salariés dans une usine entièrement automatisée (7 lignes de conditionnement mais peu de manutention : pour une ligne de production de 8 000 tonnes par an, on compte 8 personnes), sous surveillance et traçabilité maximales (une dizaine de contrôles à chaque étape, un ultime contrôle au rayon X pour détecter le moindre bout de verre, très peu d'usines en sont équipées), des produits sélectionnés : 350 tonnes d'œufs extra frais par mois (de Lot-et-Garonne et de Bretagne pour repartir les risques), 1,6 million de litres de lait, 300 tonnes de sucre, 16 tonnes de chocolat… Au total, un volume
de production de 35 000 tonnes pour 2005 et un chiffre d'affaires prévisionnel de 65 millions d'euros.
Une dizaine de nouveautés par an
Un service recherche et développement très spécifique à l'usine permet, comme du temps des fondateurs Martin (lire encadré), d'anticiper les modes et de rester les leaders sur ce secteur. « En sept ans, le secteur desserts lactés cuits au four est devenu très important dans l'agroalimentaire. C'est le marché le plus porteur. Il a fallu aller plus vite que le marché, dépasser les concurrents, et surtout lancer des choses qui n'existaient pas. L’acte d'achat-plaisir dans un rayon frais dure 20 secondes. Il faut donc, surtout aujourd'hui où la baisse de consommation est nette, jouer l'innovation. D'avril à septembre nous sortirons sept nouveaux produits » précise Jean-Baptiste Bachelerie, 32 ans, directeur du site.
![]() |
| JB. Bachelerie, directeur du site, anticipe les modes grâce à son service recherche et développement. (Source:MN Liaud) |
Cap 2008 : toute une stratégie
Pour répondre aux exigences de ses clients et rentabiliser le capital investi, la politique de développement s'articule autour d’un projet commun. Une stratégie opérationnelle qui passe par l'innovation produit, la croissance des volumes en Europe, le marché à l'export restant à explorer (Espagne, Angleterre, Benelux, Italie), la qualité et la sécurité de l'environnement (Ladhuie dispose d'une station d'épuration pour être autonome, tous les déchetscartons, coquilles d'œufs, verres, aluminium sont traités et valorisés) et la performance industrielle. Il n’y a plus de Martin chez Ladhuie, mais l'intégration se passe plutôt bien. Le groupe ne veut pas faire de Ladhuie une usine quelconque et tente de garder la dimension de PME pour son développement et pour ses relations avec les distributeurs.
L’usine garde son âme et est relativement autonome dans l'univers Lactalis. L'éthique Ladhuie qui a toujours été de commercialiser les desserts de grandmère en sachant allier savoir-faire traditionnel et volonté d'innovation continue à faire recette. La réserve foncière importante (surface terrain : 75 483 m2) permettra de nouvelles extensions.
C.P.
* Lactalis est n°1 en France sur ce secteur devant Nestlé et Danone.
** Desserts cuits au four : 45 %. Pots verre : 31 %. Riz : 12 %. Iles flottantes et Babas : 9 %. Fromage frais : 3 %.