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Entreprendre / Reportages / Entreprendre en Lot-et-Garonne : premiers résultats

Eve Brécier, une bénévole enthousiaste
(article extrait du magazine Confluent n° 59)

5 000 contacts, 900 dossiers constitués, une dizaine d’affaires conclues, une trentaine sur le point de l’être : la campagne «Vous avez quinze jours pour quitter Paris» a remporté un grand succès.
Témoignage d’Eve Brécier, une bénévole lot-et-garonnaise qui s’est installée trois mois à Paris pour guider les candidats à l’installation en Lot-et-Garonne.


Eve Brécier
(Source:D. Sellier)
Eve Brécier était sûrement l'ambassadrice idéale pour accueillir et conseiller les candidats prêts au grand saut. Cette ancienne parisienne connaît en effet les avantages mais aussi les pièges d’une installation en province et notamment en Lot-et-Garonne. Bilan de ses trois mois passés à Paris à la Maison de l’Aquitaine pour l’opération Entreprendre.

Quand elle a lu dans le journal que la campagne de publicité « Vous avez quinze jours pour quitter Paris » rencontrait un tel succès que l’équipe lot-et-garonnaise installée à Paris était débordée, Eve Brécier a téléphoné au Conseil général pour proposer bénévolement ses services. « Je vous offre mon temps et je peux être logée à Paris, il faudra juste prendre en charge mes déplacements.» Quelle aubaine pour le département et quelle preuve de motivation ! Voilà une démarche peu ordinaire qui mérite un grand coup de chapeau. « Paris est bien quand on est touriste !» telle est la conclusion d’Eve Brécier après son séjour de trois mois à Paris.

Elle s’est reconnue dans les personnes qu’elle a rencontrées. La majorité d’entre elles a entre 40 et 50 ans, aspire à une meilleure qualité de vie, davantage de temps libre, souhaite avoir des contacts plus faciles avec le milieu associatif, sortir (concert, théâtre, cinéma) à des prix abordables et surtout en finir avec le « métro-boulotdodo ! ». Eve a franchi le cap il y a six ans. Elle travaillait dans l'informatiqueà Paris quand, « en pleine quarantaine rugissante », elle a un coup de foudre pour le village de Laparade, bastide de 470 habitants dominant la vallée du Lot. Elle reprend un restaurant avec son mari, chef de cuisine (voir page 45) et l'accueil du village est excellent.

Forte de son expérience, elle a ainsi pu aiguiller les candidats qui, pour certains, voulaient transformer leur hobby en métier (brocante, ferronnerie, maçonnerie…), être leur propre patron en province plutôt que salarié à Paris. Elle a aussi dû recadrer les «rêveurs», ceux qui accros du shopping, se voyaient au milieu des champs ! Son rôle était également de les informer sur les possibilités d’accueil pour les conjoints et enfants. «Le Sud-Ouest attire plus que le Sud-Est. Les gens connaissaient Cahors, Sarlat, le Gers. Ils ont découvert Agen en Lot-et-Garonne avec ses fruits, ses châteaux, ses fleuves, ses bastides… L’avantage de la ville est qu’elle est bien desservie et non loin de grandes métropoles. La campagne Entreprendre en Lot-et-Garonne aura sûrement un impact sur la prochaine saison touristique » souligne-t-elle

L'équipe lot-et-garonnaise - Souvenirs et anecdotes

Pendant trois mois (de novembre à janvier), l’équipe d’Entreprendre en Lot-et-Garonne à Agen animée par Antoine Plantey et Jean-Paul Robert a vécu à un rythme effréné...

Equipe d'Entreprendre en Lot-et-Garonne à Agen
(Source:D. Sellier)
Les journées d’Ingrid, Rebecca, Catherine, Jean-Louis, Gaétan, Jean-Claude, Dominique, Jean-Pierre et Bruno n’ont pas été assez longues de fin novembre à janvier. Leurs missions : conseiller, orienter vers le bon interlocuteur et aider les candidats à la délocalisation (60 % de Franciliens, mais aussi des gens du Sud- Est, des Suisses, des Belges, des Québécois, des Tahitiens et même un Français installé à Taïwan !). « Nous n'avions pas le droit de décevoir. Beaucoup de gens attendaient des conseils. » Au total, ils ont eu 4 500 contacts. « Certains, on les a eus tellement souvent au téléphone que nous avions l'impression de les avoir vus. Quand ils disaient leur nom, on connaissait leur prénom. »

Les candidats ont, pour la plupart, entre 40 et 50 ans. Quelques-uns souhaitent revenir au pays ou se rapprocher d’une connaissance (famille, amis…) installée dans le Sud- Ouest. « Beaucoup ont formulé le souhait de reprendre une entreprise et d’être dans un premier temps le second du patron1. » Il y a eu des projets étonnants : un exportateur de truffes vers les pays du Golfe Persique, un taxidermiste, un embaumeur, des astrogénéalogistes… « Il n'y a eu qu'un seul mauvais coucheur. Les autres étaient des gens sympathiques : des couples de fonctionnaires proches de la retraite souhaitant une nouvelle activité, commerce, épicerie multiservices, restaurant. En tout cas, ils avaient tous le même leitmotiv : qualité de vie et indépendance. » L'opération a aussi contribué à situer le Lot-et-Garonne sur une carte.

Agen n'est plus seulement la mythique capitale du pruneau mais aussi celle de la moyenne Garonne. Pour conclure, l’équipe affirme d’une même voix : « nous avons participé à une opération passionnante, nous nous sommes pris au jeu et avons souvent été félicités pour notre efficacité et notre gentillesse. »

2004, ils changent de cap

L'occasion a fait le larron. Ils ont répondu à la campagne de recrutement « Vous avez quinze jours pour quitter Paris » lancée à l'automne pour la création ou la reprise d'entreprise. Séduits par la qualité de vie et l'environnement agréable du département, ils ont débarqué et se sont installés. Thierry Pellicier, dans les services, Olivier Thoumire et Laurent Vollet dans le tourisme, Patrice Birgel dans la maçonnerie…
Témoignages de ces nouveaux Lot-et-Garonnais qui ne demandent qu'à être adoptés.

Non, un beau matin, ils n'ont pas, comme dans la chanson, quitté leur province pour conquérir Paris. Eux, c’est conquérir la province qui les intéresse ! Retour au pays, envie de soleil et d'air pur, renouveau économique, les motivations étaient variées, les créneaux professionnels divers. Thierry Pellicier, Olivier Thoumire et Laurent Vollet, Patrice Birgel ne sont pas des « mercenaires » puisqu'il n'y avait rien d’autre à gagner qu’une vie meilleure. Ils voulaient juste changer de cap en 2004.

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