Raynal et Roquelaure à Sainte-Livrade, une autre idée de la conserve
(article extrait du magazine Confluent n° 56)
Lorsque Messieurs Raynal et Roquelaure se sont lancés en 1876 dans la fabrication des plats cuisinés du terroir, personne ne prévoyait l'ascension spectaculaire de leur entreprise familiale. Aujourd'hui, forte de 300 employés, elle est très présente sur le marché français des plats et légumes cuisinés. Et 2003 s'annonce être une année d'exception dont bénéficie déjà l'unité de production de Sainte-Livrade.
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La première installation de la conserverie Raynal et Roquelaure sur le site de Sainte-Livrade date de 1891.
Au cours des années, elle gagne du terrain sur les champs et les maisons situées entre l'avenue Gaston-Carrère et la rue des silos, tout en changeant de propriétaires*.
C’est en 1990 que R&R reprend à Vétillard cette « institution locale », investissant 500 000 € par an en moyenne pour la remettre au niveau de la concurrence.
L'établissement comprend alors sur le même site la réception, la préparation (viandes, sauces, légumes), la fabrication et le stockage avant expédition.
Sur 20 000 m² travaillent aujourd'hui (en 3x8, en saison) 135 salariés (dont une dizaine ont connu l'entreprise dans les années 70 !), et une trentaine d'intérimaires pour une production de 14 500 tonnes par an.
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L'entreprise de Sainte-Livrade a connu divers propriétaires : Fondation Maison Lennuyeux, Fondation UCAVL (Coopératives de la vallée du Lot), Sica Aquitaine Alimentaire, Vetillard via CCRF, SAP.
Des recettes bien de chez nous
« Et si vous changiez d'avis sur la conserve ? » Cette dernière publicité de Raynal et Roquelaure interpelle.
Loïc Lafon, directeur de l'unité lot-et-garonnaise s'explique : « notre originalité est d'être implantée au cœur même de la tradition culinaire française du Sud-Ouest. Nous sommes une PME à l'actionnariat familial et travaillons avec des producteurs locaux pour réaliser des plats du terroir de tradition.
Nous faisons un travail de cuisinier à l'écoute de son client avec les moyens d'un industriel. En ce sens, nos produits sont différents.»
A Sainte-Livrade, sont ainsi réalisées une quarantaine de recettes de base, des plus simples aux plus gastronomiques : cassoulet, cassoulet au confit de canard du Sud-Ouest, potée, filet de lieu sauce marinière…
Une fois arrivés, les produits sont décongelés, traités en salaison, pochés, découpés, dosés et mis en boîte.
Abattoirs, fabricants de boîtes, producteurs de viandes ou de légumes sont les fournisseurs de R&R. Haricots ou épices sont achetés à l’étranger.
Passer numéro deux français
Tous les talents des fondateurs, transmis au fil des générations, se retrouvent dans la boîte signée aux lettres d'or R&R (en grande distribution exclusivement) ou vendue sous marque distributeur à partir des deux entités du groupe Cofigeo* : Capdenac** dans l'Aveyron, berceau et siège de l'entreprise et Sainte-Livrade, unité de production (chiffre d'affaires global : 60 M€).
L'entreprise qui, depuis deux ans, a vu son chiffre d'affaires progresser de 7 %, se porte bien. Troisième intervenant sur le marché des plats cuisinés français et deuxième marque sur le segment Qualité supérieure, R&R entend passer numéro deux, derrière William Saurin.
«Le 30 avril dernier nous avons repris à Nestlé, le site de Camaret-sur-Vaucluse spécialisé dans les plats exotiques et les plats italiens.
Cette croissance externe nous ouvre des perspectives de développement sur ces nouveaux marchés avec à la clé une conquête de clients mais aussi une acquisition du savoir-faire. »
* Cofigeo possède quatre secteurs d'activité : charcuterie libreservice, charcuterie et salaison sèche, plats cuisinés en conserve (Raynal et Roquelaure et MDD), traiteur ultra-frais.
** A Capdenac (capacité de production : 15 000 tonnes par an ; plate-forme logistique d'une superficie de 8 000 m2 : conditionnement et expédition logistique des fabrications des deux sites) sont fabriqués : quenelles, pâtés, garniture pour bouchées à la reine.
La souplesse d'un savoir-faire
Un nouveau savoir-faire pour quoi faire ? Conserves (80 % de la production) et barquettes ne bénéficient-elles pas d'une ancienneté-qualité et les fondamentaux (cassoulet et saucisses lentilles) ne sont-ils pas une valeur sûre ?
«S'adapter aux tendances du marché et aux goûts des consommateurs est une ligne de conduite que R&R applique avec succès depuis des années.
Grâce à un outil de production souple et performant, à une maîtrise permanente de la qualité (l'unité de Sainte-Livrade est certifiée ISO 9001 version 2000), à une formation constante du personnel et à la mutation des métiers, la marque poursuit sa progression.
Mais elle doit se battre pour être présente et même leader sur le marché des plats cuisinés français supérieurs et pour toucher une nouvelle cible, celle du Cœur de marché, c’est-à-dire les familles à petit budget.»
Si l'export (13,5 % sur Sainte-Livrade) se fait essentiellement en Belgique et vers les Dom-Tom (95 % des clients à la marque s'y trouvent), la gamme 1er prix intéresse aussi l'Afrique. La force de R&R, c'est aussi çà : anticiper les goûts et les budgets.
Une brassée de nouveaux produits
Ainsi 14 nouvelles références sous la signature R&R seront proposées en 2003. Capdenac va décliner quatre recettes de salades en conserve et une gamme de barquettes en plastique micro-ondable.
Alors qu'elle ne créait que des références de plats cuisinés de qualité supérieure, l'entreprise, depuis le début de l'année propose, «face au leader du marché», quatre recettes de conception culinaire simple : cassoulet, saucisses lentilles, poulet basquaise et poule au riz (la 1re du marché en boîte 4/4).
« Nous comptons sur plus de 500 tonnes la première année et visons une progression régulière sur ces produits » précise Loïc Lafon.
Ainsi, pas à pas, au fil des différents projets, l'image de R&R se construit pour les années à venir « afin que dans cinq ans, l'entreprise figure comme un des piliers des plats cuisinés en conserve ».
Nul doute que le Lot-et-Garonne profitera des retombées économiques de cette croissance.
C.B.