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Entreprendre / Reportages / Recettes à l'ancienne de Lucien Georgelin

Recettes à l'ancienne à Virazeil - Lucien Georgelin, une signature
(article extrait du magazine Confluent n° 53)

Dans tous les hypermarchés, le rayon des confitures s'est enrichi de mûres sauvages, de figues blanches ou de pastèques. Mais sait-on en Lot-et-Garonne que ces succulentes et originales confitures sont produites dans le département ?
Lucien Georgelin a signé ses produits de son nom et les vend aujourd'hui à travers le monde. Il continue à décliner tous azimuts ses recettes à l'ancienne. Après les confitures et les bonbons, il s'est lancé dans les terrines et les plats cuisinés.


Lorsqu'on demande à Lucien Georgelin si ses produits sont bons, il répond simplement : "on cherche à faire le meilleur possible. Ce n'est pas à nous de le dire car le verdict est celui des clients."

Et lorsqu'on se penche sur les réactions des consommateurs, on peut lire : "le secret de Lucien Georgelin, confiturier, c'est une préparation cuite comme autrefois au chaudron en cuivre avec beaucoup plus de fruits et moins de sucre que dans une confiture classique... Lucien Georgelin, ce sont des produits originaux comme les confitures d'oignons ou de pétales de roses mais ce sont aussi des confitures plus exotiques d'ananas, de noix de coco ou de mangues... Si vous rencontrez Lucien sur votre chemin, tendez-lui la main car il le vaut bien."

Un chaudron magique

Par an, environ 1 1 00 tonnes de confitures sont mijotées. Ici la confiture de framboise
(Source:E. Rignault)
Depuis maintenant vingt ans que la société existe à Virazeil, elle n'a eu de cesse de développer des recettes traditionnelles.
Les dessins à l'ancienne qui illustrent chacun des produits de la société ont été soigneusement étudiés. "On a essayé de se démarquer par un pot traditionnel avec une étiquette qui montre bien la cuisson avec une image des années 1900" explique le fondateur. Les produits "nés dans une bassine en cuivre et cuits à feu nu" continuent à être réalisés à l'ancienne.
Tout son savoir-faire consiste à adapter les modes de cuisson en chaudron au process industriel "alors que l'industriel cuit autrement" pour répondre aux demandes de la grande distribution en terme de volumes et de réactivité que ce soit sur la marque propre ou les marques distributeurs.
Ses clients ont pour nom Auchan, Intermarché, Monoprix pour GaultMillau, Leclerc (Nos régions ont du talent), Carrefour (Escapade gourmande), Cora (Patrimoine gourmand) et bien sûr les épiceries fines.

La qualité pour credo

La qualité est vérifiée à chaque étape de la production. Ici par Lucien Georgelin en personne
(Source:E. Rignault)
130 variétés de confitures (4,5 millions de pots par an, plus de 700 tonnes de fruits "de qualité", 80 % du chiffre d'affaires) sont proposées en linéaires sur des présentoirs conçus par Lucien Georgelin.
Couleurs et saveurs se mêlent : caviar de fraises, églantines, confit de pétales de violettes, confit de lait, gelée de ginseng ou de thé noir, fondant gourmand de mûres sauvages, confit de vin au Sauternes ou confit au verjus (accompagnement pour les plats du Périgord), confitures classiques, exotiques, diététiques ou bio répondent au même cahier des charges que les bonbons au sucre cuit et pâtes à mâcher, travaillés à la main, berlingots, nougats, oranges et citrons, violettes, coquelicots, bonbons au miel, miel et plantes.
Si le naturel est considéré comme un gage de saveur "la qualité n'est pas le fruit du hasard mais d'un savoir-faire qui s'appuie sur des investissements humains (43 salariés) et matériels" que Lucien Georgelin a su réaliser à partir d'une politique rigoureuse.

Contrôle et surveillance

43 salariés travaillent sur le site de Virazeil
(Source:E. Rignault)
En amont de la chaîne, Lucien Georgelin et les responsables qualité choisissent les producteurs pour leur rigueur (produits français et, pour certains fruits introuvables en France, des pays de l'Est, du Chili, du Canada).
Le principe de la marche en avant est particulièrement respecté : entrée des matières premières, triage et préparation stricte des produits, fabrication, empotage ou ensachage, étiquetage et stockage toujours dans un souci de traçabilité totale.

En 2001, avec l'aide du Conseil général (137 204 € de subvention) et du Conseil régional (avance remboursable de 304 898 €), l'entreprise a investi 3 201 429 € dans un deuxième bâtiment pour éviter la saturation, accroître sa compétitivité et conquérir de nouveaux marchés tout en restant fidèle à la tradition. Lucien Georgelin attaque aujourd'hui le marché de la restauration avec des pots de confiture d'un kilo.
Il a commencé en 1987 dans un hangar de 250 m2. Dix ans plus tard, l'unité s'installe à la Prairie de Londres à Virazeil. En 1998, une nouvelle ligne de production est mise en place. Multiplication des mètres carrés (4 400 m2) pour une conquête des marchés et une augmentation du chiffre d'affaires de 25 % en dix ans (sur la base de 7 622 450 €) dont 5 à 7 % à l'export (Japon, Belgique, Nouvelle-Zélande, Espagne, Etats-Unis). "Après avoir développé le marché français, on commence à mieux structurer le marché étranger" précise Lucien Georgelin.

Une présentation qui se différencie des autres dans les supermarchés
(Source:E. Rignault)
Actionnaire à 80 % de sa société aux côtés de son frère Patrick (20 %), l'ancien agriculteur n'a pas oublié le temps où il gavait les canards et où il vendait ses conserves aux comités d'entreprise. Il avait alors "envie de faire autre chose, envie de faire du commerce, envie de réussir". Il s'est donc lancé dans les confitures et les bonbons. Plusieurs années après son passé le rattrape et il revient à ses premières amours en lançant des produits gourmets haut de gamme : terrine de veau aux poires Williams, foie aux cèpes croûté au four, terrine aux noix du Périgord.
Tradition et innovation ont fait de Lucien Georgelin le cinquième confiturier français. Sa démarche s'inscrit dans une nouvelle relation entre le consommateur et la grande distribution désireuse de valoriser les caractères régionaux du terroir pour des plaisirs simples et vrais. "Les gens consomment davantage de confitures haut de gamme et toute la grande distribution française reconnaît la signature Lucien Georgelin." Aucune inquiétude donc. On s'arrachera longtemps plein pot ses confitures.

C.P.
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