Groupement d'employeurs du Pays Val-de-Garonne
(article extrait du magazine Confluent n° 48)
Des bouts d'emploi qui font des temps pleins |
Il fallait y penser puis oser ! Le comité d'expansion Val-de-Garonne eut, le premier, l'idée d'expérimenter cette nouvelle forme d'organisation du travail. Au départ, le constat de chefs d'entreprise des secteurs de l'agroalimentaire, de la métallurgie ou du bâtiment : ils avaient recours à des saisonniers pour six, sept ou huit mois de l'année. Puis ceux-ci disparaissaient dans la nature.
Difficile dans ces conditions de fidéliser et de retrouver les salariés l'année suivante. D'où l'idée de mettre en place une structure capable de fédérer les besoins en personnel de plusieurs entreprises.
Une expérience pilote
De cette réflexion et de la volonté déterminée d'une poignée d'hommes est née une association loi 1901 sans but lucratif, Groupement d'employeurs du Pays Val-de-Garonne, où des entreprises citoyennes de toutes tailles et de tous secteurs s'unissent dans un cadre juridique adapté (loi quinquennale du 20 décembre 1993) en vue de se partager une main-d'œuvre commune. Cette association devient employeur à part entière. La seule obligation du GE : " pas de missions courtes, mais des missions sur plusieurs mois, cycliques et devant conduire à une pérennisation de l'emploi." Face à la saisonnalité du travail, spécificité du Lot-et-Garonne, on comprend tout l'intérêt du groupement.
Le 15 mai 2000, la société Isoweck de Marmande signe le premier contrat de travail. Un certain scepticisme régnait encore. C'était sans compter la détermination des créateurs conscients que le XXIe siècle pouvait réinventer le lien entre entreprise et salarié.
"Pérenniser l'emploi précaire"
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| Salariés (Source:E. Rignault) |
Un Groupement d'employeurs réunit des fragments d'emplois, des durées déterminées et les rassemble pour en faire des contrats à durée indéterminée. " Pérenniser l'emploi précaire, je ne veux rien d'autre " affirme Monique Julliot, la directrice du groupement.
Malgré une trentaine d'emplois pourvus, quinze contrats à durée indéterminée, plus un contrat de qualification, réalisés sur le premier exercice, elle juge qu'elle peut " mieux faire " dans un département où 64 % des déclarations à l'embauche concernent du travail intérimaire. " On s'est donné comme objectif de créer 50 emplois au prochain exercice, on fera peut-être mieux.
Il faut aller plus loin, pérenniser ce qui est acquis, contacter d'autres entreprises, c'est notre rôle social. A notre façon, nous œuvrons contre la précarité et pour l'insertion en faisant signer des contrats de travail à des salariés qui étaient
exclus ".
Avantage pour tous
Il faut aussi que " tout le monde y trouve son compte ", entreprises et salariés. Première adhérente, première à signer un contrat de travail, la société Isoweck est satisfaite. Le leader national de l'isolation des combles par soufflage emploie aujourd'hui six salariés qui viennent du GE. " Le groupement permet de fidéliser une main-d'œuvre et de la retrouver de manière cyclique. Les gens peuvent travailler sur plusieurs secteurs. Avec les 35 heures, nous avons besoin de salariés polyvalents ". Ainsi Isoweck emploie-t-elle un chauffeur poids lourd à 80 %, Terres du Sud à 20 %. " Sans compter, ajoute Gilbert Weck, que le coefficient appliqué par le groupement est plus faible de 20 à 30 % que dans les agences intérim, ce qui signifie que le coût est moindre pour nous ".
Pour d'autres chefs d'entreprises, le GE permet de remplacer une personne partant en retraite et d'effacer les soucis de recrutement en terme de coût et de temps. " C'est une forme d'externalisation de la gestion du personnel " ajoute Monique Julliot.
Avantages aussi pour le salarié qui bénéficie d'une plus grande sécurité et stabilité d'emploi. " Comment espérer fonder un foyer, avoir des enfants ou aller voir un banquier quand on travaille huit mois sur douze " s'interroge-t-elle toujours en quête de cette " idée sociale " qui anime le GE. Le témoignage d'Ahmed Bahlali est clair : " cela faisait onze ans que j'attendais un CDI, explique ce père de trois enfants, je l'ai eu en janvier. Pour moi, c'est la fin de la galère. Autrefois, c'était huit mois à la Cadram et quatre mois au chômage. Beaucoup de portes se fermaient à commencer par celle du banquier ". Ahmed a accepté de jouer la carte du GE. Ce CDI qui passe de cariste à magasinier, des Vergers de Garonne, à la Cadram (Coopérative agricole de Marmande) puis à Terres du Sud, il l'accueille comme " une reconnaissance de son
investissement ".
Et demain...
" À mi-chemin entre l'intérim et l'embauche classique ", l'association entend mettre sur pied un important volet formation pour les salariés dont certains seront amenés à jouer la carte de la transversalité et de la polyvalence. Le but est de pouvoir parler de plan de carrière par la formation interne, les contrats de qualification... " Nous souhaitons aussi renforcer les compétences de haut niveau (assurance qualité, recherche et développement, finance, informatique) pour générer un effet dynamique et favoriser la réactivité " rappelle Jean-Michel Favretto, président du GE et directeur de la Cadram.
Dans une zone géographique où l'agroalimentaire est prédominant et à l'heure où des difficultés de recrutement apparaissent avec la reprise économique, le Groupement d'employeurs a toute sa place. " Convaincu que l'avenir appartient à des entreprises fonctionnant en réseau, le Groupement d'employeurs du Pays Val-de-Garonne poursuit sa prospection auprès de nouvelles entreprises. Je n'ai pas encore trouvé d'employeurs qui refusent d'adhérer pourtant le plus souvent, ils ne nous connaissent pas "... Pour y remédier, Monique Julliot prépare un site Internet qui devrait être opérationnel dès l'été.
Les adhérents et partenaires
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Les entreprises adhérentes...
Arici, Brouillon Process, Buttignol, Cadram, Delta Manlift, France Télécom, Isoweck, MCTM, Métal Mobil, Solprim Valprim, Vega, Wezer SA, Boisdexter, Iso Ouest, Cruvelier, Terres du Sud, MTI, Lotelec Aventure, Silene, Sud-Ouest Légumes, Satar.
- Et en cours d'adhésion…
France Prune, Daucy, Solenis.
- Les partenaires
La communauté de communes du Pays de Val-de-Garonne, le Conseil général de Lot-et-Garonne, la Direction départementale du travail de l'emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP), la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), le Conseil régional, le comité d'expansion Val-de-Garonne (Codeval) sont, par le biais de subventions, partenaires du Groupement d'employeurs Val-de-Garonne.
Groupement d'employeurs
du Pays de Val-de-Garonne
35, rue Léopold-Faye 47200 - Marmande
Tel : +33 5 53 64 18 62
Fax : +33 5 53 64 23 70