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Aux Archives de Lot-et-Garonne les plans ou documents écrits représentant ou traitant des jardins sont, a priori, rares et disséminés. Cependant, en approfondissant la recherche on découvre de multiples annotations, détails qui aident à mieux comprendre comment s’est façonné le paysage. Prenons trois exemples.
En 1791 la comtesse de Châteaurenard charge B. Raby, géomètre et arpenteur, de dresser une description précise et minutieuse de tous ses biens à Cauzac et des droits seigneuriaux qui y sont attachés. Ainsi naquit le terrier de Cauzac formé de quatre-vingt treize plans aquarellés qu’accompagnent les descriptions manuscrites elles-mêmes soulignées de motifs décoratifs à la plume.
Le premier plan aquarellé est celui du château lui-même. La légende qui accompagne cette reproduction spatiale nous indique que l’on entre dans la première cour par une allée de marronniers. Le château même se termine au sud par une haute terrasse d’où l’on aperçoit une allée de treilles. Au-delà s’étend une vigne et une friche avec au centre les restes d’un pigeonnier.
Le troisième plan, lui, livre des information sur le jardin, situé en avant du château à droite, de l’autre côté du chemin de Beauville à Agen. Bordé d’un côté d’une allée de pruniers et de l’autre par un fossé, il est divisé en carrés et triangles réguliers qui lui donne l’allure d’un parfait jardin à la française. Malheureusement, aucune autre précision sur ce jardin n’est donnée dans le texte d’accompagnement.
Pour visualiser et collecter des renseignements sur les jardins de demeures seigneuriales ou de châteaux, on peut utiliser les plans communaux et les états de sections qui furent dressés dans la première moitié du XIXe siècle. Ils révèlent la forme, l’emplacement mais aussi la nature des jardins qui bien souvent voisinent avec ces propriétés.
Le plan par masses de cultures montre clairement en avant de la propriété un parterre et sur le côté un jardin divisé en étoile en huit parcelles régulières et symétriques. Quelques vingt ans plus tard, si le bâtiment reste inchangé, un parterre orne la cour intérieure et l’état de sections nous apprend qu’un jardin et un parterre (parcelle 184), un enclos (189), une garenne (183) cernent la propriété.
En 1805 (an XIII) les bâtiments sont à l’arrière prolongé par un jardin qu’une allée centrale divise en deux grandes plates-bandes et qu’entourent des vergers. Le plan napoléonien et l’état de sections nous donnent quelques précisions. En avant des bâtiments une charmille (60), puis deux vergers qui encadrent l’entrée (59 et 61) et se poursuivent par des cancés (rangs de ceps de vigne alternant avec des bandes de terrain semés de céréales appelés aussi joualles, 54 et 56) et au centre un jardin (55).
Alors que sur le plan par masses de cultures la propriété en fer à cheval est entourée sur deux côtés de jardins (celui de derrière formé de quatre carrés symétriques) prolongés par un verger, en 1826 le jardin longeant l’aile a été remplacé par une charmille (145) et un parterre (146). On peut ainsi multiplier les exemples de la richesse des informations que l’on peut trouver en se penchant sur les plans et le matériel documentaire cadastral.
Dans la série réservée à l’administration et à la comptabilité départementales (série N des Archives départementales) on trouve des dossiers de construction, d’aménagement et d’entretien des bâtiments départementaux que sont la préfecture, les sous-préfectures, les gendarmeries ou les prisons. Or la préfecture d’Agen est installée en 1808 dans l’ancien palais épiscopal bâti en dehors des murs d’Agen après 1775. La façade coté jardin devait s’ouvrir sur un parc à la française que l’on trouve représenté sur un plan de l’architecte Leroy. Il ne fut jamais réalisé, l’évêque ayant émigré dès 1792. Après avoir servi d’école centrale, de logement à la cohorte de la Légion d’Honneur, le bâtiment devient, par décret de Napoléon Ier,  préfecture de Lot-et-Garonne. Mais comme en atteste le rapport de l’architecte du département, Poitevin, le parc est en 1819 encore en piètre état. « Ce terrain est un champ qui n’offre aucun intérêt étant en friche ou ensemencé de grains les plus communs ». Aussi conçoit-il un nouveau projet d’aménagement d’un parc paysager. C’est pour réaliser ce plan qu’il fait dresser un devis par un pépiniériste bordelais qui doit planter pas moins de 1000 arbres susceptibles de grandir, 99 arbres d’une moyenne hauteur, 2136 arbrisseaux propres à former des touffes, 300 plantes vivaces à fleurs, 150 arbres grimpants destinés à former des berceaux et à masquer les murs. Est joint un très instructif catalogue des variétés des arbres choisis et leur nombre.
Plus qu’une étude des sources, cette rapide et succincte présentation n’est qu’une brève incitation méthodologique à ne pas négliger ces témoignages écrits et iconographiques. Au-delà de l’intérêt historique de ces pièces, J’aimerais que vous ayez goûté la valeur esthétique des plans conservés dans les archives et bien souvent ignorés.