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Livre
des statuts et coutumes de la ville d'Agen écrit et imprimé
sur parchemin contenant cent quatre feuillets, XIIIe siècle.
Registre en parchemin avec miniatures et lettres ornées, couverture réalisée
en 1772 par Boé, 106 feuillets, 23 x 15 cm.
Arch. dép. de Lot-et-Garonne,
dépôt de la bibl. mun. d'Agen Ms 42 |
C'est là sans doute la plus ancienne copie des coutumes et privilèges
accordés à la ville d'Agen. Confectionné par ordre de la municipalité
entre 1250 et 1270, ce livre est contemporain du règne de saint Louis et d'Alphonse
de Poitiers (voir la miniature sur l'host). Il avait pour fonction essentielle de recevoir
le serment de fidélité aux franchises et statuts fait par le suzerain de la
ville, qu'il fût roi de France ou celui d'Angleterre. C'est aussi sur ce registre -appelé
livre juratoire- que les consuls, une fois désignés, prêtaient serment.
Ecrit en langue romane, ce manuscrit, divisé en quarante deux chapitres
confus, est illustré de nombreuses vignettes révélant bien des détails
sur la vie quotidienne en ce milieu du XIIe siècle en Agenais. Ce texte est précédé
d'une table, de deux grandes miniatures représentant la Passion du Christ et la Vierge
tenant l'enfant Jésus, enfin d'extraits des évangiles décorés
des symboles des quatre évangélistes. Miniature de saint Jean : l'évangéliste
assis, en train d'écrire sur un manuscrit posé sur un pupitre ; à ses
pieds l'animal qui le symbolise, l'aigle. Les trois autres évangélistes ont
eux pour symbole : Luc, le boeuf ailé (appelé aussi tétramorphe) ; Mathieu,
l'ange ; Marc, le lion ailé.
Les autres miniatures évoquent des scènes de la vie publique
ou privée, politiques, militaires ou économiques.
Vie politique : 
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Toute puissance de la coutume. Le seigneur d'Agen prête
serment sur le livre des coutumes et devant le Conseil de respecter les libertés
et franchises de la ville. Assis sur un banc recouvert d'un coussin et posé sur
une estrade, le prince jure de la main droite sur le livre que lui présente l'un
des consuls à genoux. |
Le service militaire est réglementé. Cette miniature illustre
l'obligation annuelle faite aux citoyens et bourgeois d'Agen de servir dans l'armée
du seigneur pendant 40 jours dans les limites de l'évêché d'Agen ou en
dehors pourvu qu'ils puissent regagner la ville chaque jour. A gauche, vêtu d'une cotte
et de chausses de mailles, coiffé d'un casque plat doré, tenant le bouclier
et la lance, chevauche le prince. Il est accompagné de ses chevaliers également
à cheval, l'un portant
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sa bannière (les armes évoquent Alphonse de Poitiers :
le lis capétien au centre ; le château de Castille à gauche ; la croix
d'or pommelée des comtes de Toulouse à droite). A droite, portant des piques,
des fantassins en armes, sans doute des bourgeois requis pour le service militaire. |
Statut civil et privé : 
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Serment du futur citoyen d'Agen. A genou, l'étranger
qui veut devenir citoyen doit abjurer sur les saints Evangiles toute hérésie
et jurer devant le Conseil d'acheter un lieu en ville dans l'année. En contrepartie,
dès son entrée il devient libre et sera exempt durant un an de service militaire
et d'imposition. |
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Ce qu'il advient lorsqu'on meurt sans testament. Lorsqu'un
homme meurt sans testament ou héritier apparent, ses biens sont pendant un an et
un mois gardés par le conseil pour un éventuel héritier. S'il ne
s'en présente pas, les meubles sont remis au seigneur d'Agen, les immeubles au
seigneur de qui le défunt les tenait.
Ce droit est ici évoqué par la scène de remise à deux consuls
de clés, symboles des biens du défunt qui, lui repose sur son lit, entouré
de personnages qui le veillent. |
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L'adultère et sa punition. Pris en flagrant délit,
l'homme et la femme adultères sont promenés par la ville, nus, attachés
ensemble par une corde. Deux hommes précèdent le cortège, soufflant
dans des trompettes pour informer la population. Derrière eux un groupe armé
de bâtons. |
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Prévention des faux témoins. Accompagné
des mêmes trompettes et porteurs de bâtons, le faux témoin doit, lui,
parcourir la ville, la langue percée d'une broche de fer. Il voit, en outre, ses
biens confisqués. |
Vie économique et police administrative : 
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Le commerce du blé. Chaque moulin, installé
sur la Garonne du pont de Merdalo ou pont de l'Evêque et qui travaille en semaine,
doit payer au seigneur une pugnère de blé moulu. Un droit est également
perçu sur chaque émine achetée ou vendu à Agen.
Ce commerce des grains est évoqué par le transport dans des sortes de grands
sacs de blé jusqu'à la ville symbolisée ici par ses murailles.
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Contrainte dans la culture de la vigne. Autre activité
et commerce important, celui du vin. Un chapitre est consacré aux qualités
que doivent présenter les cuves à vin et à vendange ; finition, contenance,
forme, tout est surveillé. Ce sont ces cuves que l'on voit sur la miniature faire
l'objet d'une vente entre deux hommes. |
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Le commerce du sel et le salin. Le seigneur possède un droit
du sel très étendu. Il peut tout d'abord faire remonter à Agen librement
jusqu'à 13 navires chargés de cette denrée une fois par an ; il a
également le droit de préemption sur le sel acheminé dans la ville
et peut, seul, autoriser sa sortie ou son transport entre Lot et Garonne. Très
utilisé, en particulier pour la conservation des aliments, le sel était
convoyé par bateau à voile sur la Garonne. |
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Surveillance des poids et mesures. Très surveillés,
les objets servant à mesurer devaient être exact, sous peine d'amende. Ici
est représenté le mesurage de l'huile : la vendeuse, vêtue d'une robe
et d'un bliaud ajusté, fait couler d'une cruche dans le mesure l'huile qui sera
ensuite recueillie grâce à un entonnoir dans une bouteille. A droite l'acheteuse,
en manteau et capuchon, surveille l'opération. |
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L'arpentage. Pour mesurer les terres c'est la perche -qui doit avoir
12 pieds- qui est utilisée. L'arpenteur chargé d'une telle tâche doit
s'exécuter devant deux prud'hommes de la ville, après avoir juré
sur les Evangiles de "percher" loyalement, sans se laisser acheter. Son salaire
est également fixé par le Conseil : il est proportionnel à la superficie
de la terre à mesurer et à son éloignement d'Agen. |
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