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1/ Le plus ancien acte des Archives départementales

2/ La représentation royale à travers deux lettrines

3/ Un grand féodal

4/ La femme noble

5/ L'équipement du chevalier

6/ Les sceaux de villes

7/ Le catharisme en Agenais

8/ L'organisation municipale

9/ La vie quotidienne au XIIIe siècle

10/ L'organisation des métiers

Travail sur les documents


Images médiévales

2. La représentation royale
à travers deux lettrines
Lettres patentes d'Édouard Ier, roi d'Angleterre, réglant pour le pays de l'Agenais la perception du salin et des péages, les attributions des baillis et sergents, la procédure civile et criminelle, Westminster, 7 août 1286.
Parchemin, 43 x 65 cm.
Arch. mun. d'Agen AA 3, pièce 5

Possession des Plantagenêts puis des comtes de Toulouse (en 1196 la fille du roi d'Angleterre, Henri II, l'apporta en dot à Raymond VI de Toulouse), l'Agenais fut administré de 1251 à 1271 par Alphonse de Poitiers, frère puîné de saint Louis devenu comte de Toulouse par son mariage avec l'héritière de ce comté, Jeanne de Toulouse. Jeanne et Alphonse étant morts sans descendance, l'Agenais devait, comme le prévoyait le traité franco-anglais de Paris (1259), revenir au roi d'Angleterre. Peu pressé d'exécuter cette clause, le successeur de saint Louis, Philippe III, attendit 1279 pour remettre l'Agenais à Édouard Ier, qui, pour ce bien, devait l'hommage au souverain français.

Dans la lettre initiale du prénom royal (E commençant Eduardus) est représente le souverain anglais assis de face sur un trône sculpté à haut dossier, les pieds reposant sur un coussin, la tête abritée sous un dais bleu dont la tenture intérieure est semée de léopards d'or qui rappellent ses armoiries : de gueules à trois léopards d'or. Vêtu d'une longue tunique et d'un manteau agrafé sur l'épaule droite, portant les cheveux mi-long, et la barbe, coiffé d'une couronne, il tient un globe (représentant le monde) et un long sceptre terminé par un oiseau. A la même époque, le roi de France, Philippe le Bel, tient lui également un sceptre, mais de l'autre main une fleur de lis sur son sceau.

Transcription de la première ligne : Eduardus Dei Gracia Rex Angl(ie) Dominus Hib(er)nie et dux Aquitanie Omnibus ad quos p(re)sentes littere p(erven(er)int, salutem. Scatis q(uo)d cum delecti et fideles consules et univ(er)sitates civitatum villar(um) et loco(rum) n(ost)ror(um) t(er)re n(ost)re

Traduction de la première ligne : Edouard, par la grâce de Dieu roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine, à tous ceux à qui ces présentes lettres parviendront, salut. Sachez que comme nos chers et fidèles consuls et universités des cités, villages et lieux de notre terre et seigneurie d'Agenais

Lettres patentes du roi de France, Charles VII, confirmant les privilèges accordés par ses prédécesseurs à la ville d'Agen, Montauban, janvier 1443 (n.st.).
Parchemin scellé sur lacs de soie rouge et verte du sceau de substitution de Charles VII (sceau en l'absence du grand), 61 x 65 cm.
Arch. mun. d'Agen, AA 12, pièce 4

C'est lors du voyage qu'il entreprit pour rétablir son autorité en Languedoc que Charles VII accorda cette charte solennelle aux habitants d'Agen : en flattant ainsi le consulat agenais, il s'assurait son appui contre les anglais encore maîtres de Bordeaux et de Bayonne. L'importance qu'il accorde à cette alliance dans sa reconquête du royaume de France explique sans doute le soin tout à fait exceptionnel mis dans la présentation de cet acte de confirmation traditionnel, avec sa lettrine enluminée.

Dans la lettre initiale du prénom royal
-le K de KAROLVS- est représentée la remise par Charles VII à un consul d'Agen à genoux de la charte scellée. Le roi est assis de face sur un trône terminé par un dais et recouvert d'une lourde draperie rouge. Le siège se détache lui-même sur une tenture "d'azur semée de fleurs de lis". Les pieds chaussés de poulaines et posés sur un coussin, le souverain, la tête couronnée, est vêtu d'une longue tunique brune (la dalmatique) recouverte d'un manteau fleurdelisé. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et, de la gauche, il tend l'acte de confirmation scellé de son grand sceau de cire jaune au consul agenais. La lettrine dont la hampe est sommée d'une fleur de lis couronnée est délicatement ornée sur deux côtés de rinceaux fleuris. Tout ici est mis en oeuvre pour exalter la majesté royale de l'ancien roi de Bourges et rappeler son appartenance à la race des princes des fleurs de lis.

On ignore bien sûr qui réalisa cette miniature, mais il est intéressant de noter que le visage du roi est ici très proche de celui du souverain sur le célèbre portrait de Jean Fouquet conservé au Louvre. Daté de la même époque que cette charte (avant 1444), ce tableau fut exécuté par Jean Fouquet qui s'illustra également dans l'enluminure (c'est dans son atelier que furent illustrées les Grandes Chroniques de France).
   
 

Exercices


I. Etudier un grand seigneur méridional au travers d'un sceau.

II. Etudier un grand chevalier au travers d'un sceau

III. Etudier la ville au Moyen Age au travers de sceaux du XIIIe siècle.


IV. L'exemple d'Agen: etudier la ville au Moyen Age

V. Introduire l'étude du Moyen Age occidental

Les exercices sont téléchargeable
au format Word

Chronologie Agenaise





       
 
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