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Possession des Plantagenêts puis des comtes de Toulouse (en 1196 la fille du roi d'Angleterre, Henri II, l'apporta en dot à Raymond VI de Toulouse), l'Agenais fut administré de 1251 à 1271 par Alphonse de Poitiers, frère puîné de saint Louis devenu comte de Toulouse par son mariage avec l'héritière de ce comté, Jeanne de Toulouse. Jeanne et Alphonse étant morts sans descendance, l'Agenais devait, comme le prévoyait le traité franco-anglais de Paris (1259), revenir au roi d'Angleterre. Peu pressé d'exécuter cette clause, le successeur de saint Louis, Philippe III, attendit 1279 pour remettre l'Agenais à Édouard Ier, qui, pour ce bien, devait l'hommage au souverain français. Transcription de la première ligne : Eduardus Dei Gracia Rex Angl(ie) Dominus Hib(er)nie et dux Aquitanie Omnibus ad quos p(re)sentes littere p(erven(er)int, salutem. Scatis q(uo)d cum delecti et fideles consules et univ(er)sitates civitatum villar(um) et loco(rum) n(ost)ror(um) t(er)re n(ost)re Traduction de la première ligne : Edouard, par la grâce de Dieu roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine, à tous ceux à qui ces présentes lettres parviendront, salut. Sachez que comme nos chers et fidèles consuls et universités des cités, villages et lieux de notre terre et seigneurie d'Agenais
C'est lors du voyage qu'il entreprit pour rétablir son autorité en Languedoc que Charles VII accorda cette charte solennelle aux habitants d'Agen : en flattant ainsi le consulat agenais, il s'assurait son appui contre les anglais encore maîtres de Bordeaux et de Bayonne. L'importance qu'il accorde à cette alliance dans sa reconquête du royaume de France explique sans doute le soin tout à fait exceptionnel mis dans la présentation de cet acte de confirmation traditionnel, avec sa lettrine enluminée. Dans la lettre initiale du prénom royal -le K de KAROLVS- est représentée la remise par Charles VII à un consul d'Agen à genoux de la charte scellée. Le roi est assis de face sur un trône terminé par un dais et recouvert d'une lourde draperie rouge. Le siège se détache lui-même sur une tenture "d'azur semée de fleurs de lis". Les pieds chaussés de poulaines et posés sur un coussin, le souverain, la tête couronnée, est vêtu d'une longue tunique brune (la dalmatique) recouverte d'un manteau fleurdelisé. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et, de la gauche, il tend l'acte de confirmation scellé de son grand sceau de cire jaune au consul agenais. La lettrine dont la hampe est sommée d'une fleur de lis couronnée est délicatement ornée sur deux côtés de rinceaux fleuris. Tout ici est mis en oeuvre pour exalter la majesté royale de l'ancien roi de Bourges et rappeler son appartenance à la race des princes des fleurs de lis. On ignore bien sûr qui réalisa cette miniature, mais il est intéressant de noter que le visage du roi est ici très proche de celui du souverain sur le célèbre portrait de Jean Fouquet conservé au Louvre. Daté de la même époque que cette charte (avant 1444), ce tableau fut exécuté par Jean Fouquet qui s'illustra également dans l'enluminure (c'est dans son atelier que furent illustrées les Grandes Chroniques de France). |
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