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1ère partie :
Le contexte de la campagne électorale et la victoire du Front populaire

2ème partie :
La campagne électorale, les élections et la victoire du Front populaire : l'exemple du Marmandais

3ème partie :
Le Front populaire au pouvoir : l'exemple du Lot-et-Garonne et de Renaud Jean

4ème partie :
Les échecs, la chute du Front populaire, la reprise des grèves : un regard Lot-et-garonnais

Conclusion

Bibliographie

Exercices


Le Lot-et-Garonne des années trente : 1ère partie

III Le contexte "local",
le département le plus rural de France

Un département "sous-développé"
En 1936 la population du département s'élève à 252 761 habitants. Elle est à 72% rurale. Seules trois villes dépassent 20 000 habitants : Agen avec 47 941 habitants, Marmande avec 32 942 et Villeneuve-sur-Lot avec 23 758.

Répartition de la population active masculine
dans le département
(d'après les listes électorales de 1939 in Evelyne d'Ambroso, "Le Front populaire et les élections de 1936 en Lot-et-Garonne", mémoire de maîtrise sous la direction de Jean Estèbe, Université Toulouse-Le-Mirail, 1989)

Population active agricole : 63.3%
Artisans : 9%
Industrie et bâtiment : 8.4%
Commerce et services : 5.8%
Fonction publique : 3%
Professions libérales : 2%
Divers : 6.5%

Un département rural sous-industrialisé:
En 1936 : 71,6% de la population est rurale , 64,3% de la population
active est agricole.
Seules trois unités de production dépassent 100 salariés. En dehors de Fumel (métallurgie), de Nicole (cimenterie) et de Vianne (verrerie), il n' y a pas de grande industrie.
Seuls 12 cantons du département peuvent être considérés comme industriels (Néracais, Agen, Marmande, Fumel).
La majorité des productions industrielles sont liées à l'agriculture.

Un département agricole de polyculture à dominante céréalière :
(recensement de 1929)
1/3 des surfaces labourables est en blé (3/4 des céréales, 80% dans le Marmandais) le reste est en maïs, pomme de terre et vigne. Nous voyons que la logique des productions répond encore à un souci d'autoconsommation voire d'autarcie. Toutefois, les cultures fruitières, maraîchères et le tabac gagnent
peu à peu du terrain.
Le tabac en effet représente en Lot-et-Garonne le quart
de la production nationale (9000 planteurs).

La petite paysannerie dans le Lot-et-Garonne
(d'après "Les paysans-travailleurs et les ventes-saisies dans le Lot-et-Garonne de 1932 au Front populaire", François Larrue, mémoire de maîtrise sous la direction de Rolande Trempé, Université Toulouse Le Mirail, 1979)

Situation sociale et économique :
5 à 6 hectares dans les vallées alluviales, 10 à 12 ha dans les coteaux, 25 à 30 hectares dans les terres landaises : telle est la taille moyenne en Lot-et-Garonne de la petite propriété agricole. En dessous de ce seuil, en 1929, un couple avec ses enfants ne peut survivre.
Depuis un demi siècle la taille moyenne des exploitations ne cesse de croître. Les petites exploitations diminuent au profit des exploitations moyennes. Mais, les grandes et très grandes exploitations disparaissent elles aussi progressivement également au profit des exploitations moyennes.
Le faire-valoir direct représente, en 1929, 77% des exploitations (sur un total de 35 744). Il se concentre à l'est du département dans les régions les plus riches. 85% de ces exploitations sont des exploitations cultivées par les familles propriétaires sans utilisation de main-d'œuvre extérieure constante.
Quant au fermage, il représente 8% de l'ensemble des exploitations. Les conditions pour le fermier ne sont pas désavantageuses puisqu'en Lot-et-Garonne, dans le cas de mauvaises récoltes, la redevance est révisée à la baisse et les baux sont fixés à 9 ans.
Le métayage, représentant 15% des exploitations et il est beaucoup moins intéressant pour l'exploitant. 17% des ces métayers sont de nationalité étrangère (surtout italienne). La durée du contrat est de 2 ans en moyenne (1 an au sud de la Garonne). Le propriétaire fournit la terre, les bâtiments d'exploitation et le cheptel. Le métayer fournit le travail et les instruments de travail. Les récoltes sont partagées, pour l'essentiel, par moitié entre le propriétaire et l'exploitant. A ceci s'ajoutent des corvées (charroi, entretien des chemins et fossés) et une contribution foncière, liée à la location de la maison d'habitation, qui ne cesse de croître depuis le milieu du XIXe siècle. Ainsi s'il y a une période de mauvaises récoltes ,ce qui fut le cas dans les années 30, le métayer est frappé durement.
A ceci il faut ajouter les salariés agricoles qui vivent dans la misère pour un travail de 14 à 16 heures par jour en saison active et le chômage en période creuse. Leur salaire permet tout juste de subvenir aux besoins vitaux. Il faut attendre 1929 pour qu'une loi interdise pour les domestiques de coucher à l'étable. Quant aux femmes qui travaillent dans ces conditions, leur salaire est divisé par deux...
Au total, nous assistons à un renforcement du clivage entre petite / moyenne propriété et grande propriété.
Avec la crise agricole des années 30 se met en place un processus de paupérisation des paysans-travailleurs qui semble irréversible.
"En premier lieu la misère s'installe, suivie de l'endettement et enfin la ruine. Les petits paysans se replient sur eux-mêmes et vivent dès lors, en autarcie". François Larrue.
Pour les métayers et les fermiers ne pouvant plus payer leurs redevances aux propriétaires c'est la vente-saisie.

Renaud Jean, une figure emblématique du communisme rural :
Le communisme, réponse à l'exploitation de la bourgeoisie sur le prolétariat, fruit de la Révolution industrielle, phénomène urbain, industriel et ouvrier... encouragé par la Révolution bolchevique russe... Tels sont les éléments communément admis pour expliquer l'émergence et l'affirmation de ce nouveau courant politique dans la 1ère moitié du XXe siècle en Europe.

Mais, "les faits sont têtus". L'émergence, sur le terrain, du communisme en France en tant que mouvement politique ne conforte pas cette analyse. Bien au contraire. Les premiers succès communistes furent ruraux, méridionaux, agraires et loin des influences russes. Certes, l'émergence du parti communiste n'est pas indépendante des conséquences de la Révolution industrielle, mais, les premiers leaders communistes à sortir de la confidentialité, celle d'une minorité agissante, furent des paysans de Lot-et-Garonne, de la Corrèze ou de l'Allier.

Les premiers succès électoraux, de portée nationale, se nouèrent au cour de départements ruraux où dominait la petite propriété paysanne. Renaud Jean fut l'un, et non le moindre, de ces pionniers : une aura nationale (membre du comité central du parti communiste), une dimension internationale (une des figures de prou du communisme agraire). Rapport du commissaire spécial d'Agen à l'inspecteur général des services de Police criminelle du 31 octobre 1939 (1 W cabinet du préfet) document.3
   
 

Plan du chapitre


I. Le contexte politique international

II. Le contexte national

III. Le contexte "local", le département le plus rural de France


IV. Paysage politique et syndical dans le Lot-et-Garonne.

V. Déjà des grèves






       
 
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