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1ère partie :
Le contexte de la campagne électorale et la victoire du Front populaire

2ème partie :
La campagne électorale, les élections et la victoire du Front populaire : l'exemple du Marmandais

3ème partie :
Le Front populaire au pouvoir : l'exemple du Lot-et-Garonne et de Renaud Jean

4ème partie :
Les échecs, la chute du Front populaire, la reprise des grèves : un regard Lot-et-garonnais

Conclusion

Bibliographie

Exercices


Le Lot-et-Garonne des années trente : 3e partie

III/ Les mouvements de grève en Lot-et-Garonne et la mobilisation paysanne

Le contexte national : document.14
Depuis le 26 mai le gouvernement doit faire face à un vaste mouvement de grèves avec occupation des usines. Parti de l'industrie aéronautique, il s'étend à la métallurgie parisienne et finit par toucher près de 3 millions de salariés dans toute la France.
Les élites politiques et économiques virent là la main de l'étranger (Allemagne ou URSS) manipulant un parti communiste français cherchant à déstabiliser le pouvoir.
Aujourd'hui nous pouvons dire qu'il n'en fut rien : la vague de grèves du printemps et de l'été 1936 est en grande partie due à une explosion spontanée où se mêlent l'aspiration à de meilleures conditions de vie et de travail, la joie d'avoir remporté une victoire électorale (qui exorcise la peur du fascisme) et la volonté d’inventer l’avenir.
Au total donc un mélange d'espoirs, de peurs et de joies.
"Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue". La célèbre formule lancée par Thorez fut entendue, aussi, en Lot-et-Garonne. Après avoir fait pression sur le patronat pour obtenir l'application de l'accord Matignon, les ouvriers reprennent le travail.

L'exemple de Fumel : Société métallurgique du Périgord
Données générales sur la grève :
Durée : 27 juin 1936 / 8 juillet 1936
Usine métallurgique, Société par actions, siège à Paris
Nombre d'ouvriers : 600
Nombre de grévistes : 600
Contagion de la grève : usine de Monsempron-Libos
Cause de la grève : application de l'accord Matignon
et élaboration d'un contrat collectif
Fin de la grève : obtention par les ouvriers des revendications
Interventions extérieures : conciliation par l'Inspection du Travail et par le préfet
Cette grève de Fumel devient très vite un enjeu départemental : le syndicat départemental C.G.T. de la métallurgie négocie avec l'union patronale départementale de la métallurgie


L'exemple de Fumel : Société métallurgique du Périgord

Augmentations de salaire proposées par la direction le 20 juin 1936 :
Qualification Salaire journalier en mai 1936 % d'augmentation (en moyenne) proposé le 20 juin Augmentation journalière (moyenne) proposée le 20 juin
Manœuvres 18 francs 22,20% 4,00 francs
Ouvriers spécialisés 20,25 francs 19% 3,75 francs
Ouvriers qualifiés 21,60 francs 29,6% 6,40 francs
Femmes 10,60 francs 51% 5,40 francs
Apprentis (en moyenne) 11,70 francs 23,4% 3,05 francs

27 juin : refus de ce plan par les ouvriers, contre-proposition des ouvriers refusée par le patronat, les deux parties demandent l'arbitrage du préfet (10 M 38 document.15) et les ouvriers occupent l'usine.
29 juin : (lettre du préfet au ministre du travail, 10 M 38 : bilan de la situation départementale et cas de la métallurgie à Fumel)
Le préfet intervient, secondé par l'inspecteur du travail. Un accord sur les salaires est obtenu, mais un différend demeure sur les contrats collectifs.
A partir de là, une surenchère des ouvriers renaît à propos des salaires.
2 juillet 1936 : le patronat propose une augmentation moyenne des salaires de 13.61%. Les ouvriers demandent 23.88%.
7 juillet 1936 : nouvelle intervention du préfet en tant que médiateur qui aboutit le 8 juillet à la signature d'un accord débouchant sur la reprise du travail. (10 M 49) : accord sur les salaires et convention collective de travail (qui sera établie le 17 juillet)
8 juillet 1936 : accord syndicat / patronat sur les augmentations de salaire:

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17 juillet 1936 : Convention collective de travail : Dans cette usine il n'y a rien de vraiment révolutionnaire. Un document existait déjà bien avant 1936 (au moins depuis 1923). Toutefois, il y a bien quelques changements. Il s'appelle convention collective et non plus "Détail des conditions de travail", il est beaucoup plus concis (7 pages au lieu de 13 en 1923) et il est bilatéral au lieu d'unilatéral (patronal) avant 1936. (10 M 49)
17 décembre 1937 : recours à l'arbitrage de la commission départementale de Conciliation (1 arbitre patronal + 1 arbitre syndical ouvrier) pour savoir quel sera le % de l'augmentation des salaires.(10 M 42)
Ainsi le dialogue social est établi. Les conflits ne débouchent pas nécessairement sur des grèves et chacune des parties s'engage à respecter "la sentence qui sera prononcée par les arbitres, laquelle aura force obligatoire".


D'autres grèves : synthèse sur les grèves du printemps et de l'été 1936 en Lot-et-Garonne (d'après cabinet du préfet 10 M 38 et 39)

Essai de typologie départementale. Nous avons voulu donner la norme départementale (et nationale).

Contexte économique : chute des ventes (de 15 à 45 % selon les secteurs)

Causes des grèves :
renvois de syndicalistes (souvent le leader)
demande des ouvriers d'appliquer l'accord Matignon
demande d'augmentation de salaire
demande de réembauche des ouvriers grévistes (ceci explique le plus souvent le durcissement du mouvement)

Dates de la grève : 28 juin / 10 juillet, mais il y a une seconde vague (dans les plus petites entreprises en général) en août.

Durée de la grève : 15 jours maximum, le plus souvent elle dure 3 à 4 jours.

Mobilisation : souvent la totalité des ouvriers. Lorsqu'il y a des contremaîtres ils s'engagent à 25 %. Quant aux cadres, ils restent en dehors du conflit.

Conciliation dans le conflit : toujours préfet et Inspection du travail, parfois le sous-préfet et le juge de paix.

Issue du conflit : toujours l'obtention d'une augmentation de salaire (entre 10 et 15 %), souvent la mise en place d'un contrat collectif.
Sollicitation de tiers par les grévistes : député, maire, parfois sénateur.

Deux exemples illustratifs :
La briqueterie Boizeau à Sainte-Bazeille, rapport de la Police spéciale du 24 juin 1936 (Cabinet du préfet 10 M 38-39), document.16
Grève des travailleurs du bâtiment, affiche de juin 1936 (Cabinet du préfet 10 M 47, dossier Bâtiment)

L'ampleur des grèves ouvrières en Lot-et-Garonne :
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Au total :
De juin à juillet 1936 : 2255 grévistes, 33 entreprises concernées
De juin 1936 à août 1937 : 5 907 grévistes, 66 entreprises concernées

La mobilisation paysanne :
En mai 1938, l'Union départementale des Paysans travailleurs revendique 80 groupements intersyndicaux réunissant 1 500 adhérents contre 500 en mai 1936. (Rapport du Commissariat Spécial d'Agen au préfet de Lot-et-Garonne, 1825 W 50, Chemise Front populaire 1937-1938).
Il est clair que la responsabilité, et l'influence locale, de Renaud Jean en tant que président de la Commission de l'agriculture à la Chambre et les nombreuses aspirations des paysans lot et garonnais expliquent le succès de ce syndicat.
   
 

Plan du chapitre


I. Les mesures du Front populaire

II. Renaud Jean, un acteur national du front populaire

III. Les mouvements de grève en Lot-et-Garonne et la mobilisation paysanne






       
 
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