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1ère partie :
Le contexte de la campagne électorale et la victoire du Front populaire

2ème partie :
La campagne électorale, les élections et la victoire du Front populaire : l'exemple du Marmandais

3ème partie :
Le Front populaire au pouvoir : l'exemple du Lot-et-Garonne et de Renaud Jean

4ème partie :
Les échecs, la chute du Front populaire, la reprise des grèves : un regard Lot-et-garonnais

Conclusion

Bibliographie

Exercices


Le Lot-et-Garonne des années trente : 3e partie

II/ Renaud Jean, un acteur national
du Front populaire

Un leader paysan :
Georges Monnet, S.F.I.O., est nommé ministre de l'Agriculture du gouvernement Blum. Renaud Jean obtient la présidence de la commission de l'agriculture à la Chambre.
Le parti communiste, bien qu'il ne participe pas au gouvernement, fait pression pour obtenir un maximum de réformes chères à son électorat.
En matière agricole la S.F.I.O. n'a pas de projet arrêté et les communistes, Renaud Jean en particulier, le savent. Pour eux l'enjeu est de taille, pour lui son engagement depuis plus de 20 ans peut se traduire dans les faits. Il influencera de façon importante les décisions à venir.
L'objectif des réformes agricoles du Front populaire était d'organiser et de contrôler le marché afin d'assurer aux paysans une rémunération stable en éliminant les intermédiaires et donc la spéculation.
Le nouvel Office du blé monopolise les importations et les exportations. Regroupant les producteurs, les consommateurs, les commerçants et les pouvoirs publics il établit le prix du blé pour une récolte et assure sa commercialisation en jouant sur le stockage en coopératives. Chaque département installe un comité départemental chargé d'agir au plus près du terrain.
Mais dans la réalité les choses ne sont pas aussi simples. Renaud Jean critiquera plusieurs fois l'attitude du préfet de son département, lui reprochant de favoriser la représentation des "gros propriétaires" dans la coopérative.
Une série de mesures fut prise pour les paysans pauvres. Ouvriers agricoles et métayers obtinrent les allocations familiales. Mais, quatre autres mesures les concernant (conventions collectives, journée de 8 heures, révision des baux à métayage et à fermage, aménagement des paiements des dettes) furent enterrées par le Sénat.

Meeting à Marmande du Front populaire avec le ministre
de l'Agriculture Monnet et Renaud Jean

Annonce du journal "La Riposte" du 9 juillet 1936 (1825 W 50). La Riposte est l'organe régional du Front populaire. Cet hebdomadaire qui sort tous les jeudis est publié depuis 1934. (document 39)
19 juillet 1936 : 1500 spectateurs, 700 convives au banquet
Discours du ministre de l'Agriculture, au côté de Renaud Jean, au sujet de la création de l'Office du Blé, de la révision de la fiscalité en faveur des petits exploitants et du projet des nouveaux statuts pour les fermiers et les métayers. Ce fut l'occasion pour le député de Marmande de reprendre les thèmes qui lui étaient chers et de montrer que la victoire électorale se traduisait dans l'action politique.

Discours de Renaud Jean, à Bruxelles, sur l'agriculture : Article du "Travailleur" (216 JX 3) du 12 septembre 1936. Il s'agit là d'un discours programme qui va bien au-delà des décisions prises par le Front populaire en France. Sa vision du monde agricole et des enjeux de société et de civilisation qui en découlent s'avèrent d'une extrême pertinence et lucidité si on les lit avec le décalage du temps. Mais en 1936, aussi bien en France qu'ailleurs le communisme s'était fixé d'autres priorités.


Les opposants relèvent la tête
Dissout le 18 juin 1936 le mouvement social français des Croix-de-Feu renaît sous l'appellation de parti social français 6 jours plus tard.
Un meeting est organisé à Tonneins le 24 mai 1937 en présence du colonel de La Rocque puis à Agen le 4 juillet 1937 avec le n°2 du parti. Le P.S.F. revendique alors 4 000 adhérents en Lot-et-Garonne (source P.S.F.), 2 millions en France (source P.S.F.), 8 députés en 1936.
Le 12 juillet 1936 paraît le n°1 du nouveau journal "Le Républicain de Lot-et-Garonne" (98 J X 2) proche du P.P.F.. et de Doriot. Dans son éditorial Pierre Castagnéra en appelle à "l'organisation des nationaux". Cette mobilisation se fait autour de thèmes promis à un bel avenir... : "amour de la patrie, coopération du capital et du travail, collaboration des classes..." Au fil des numéros le journal mettra en avant des notions chères au cœur des nationalistes de tous poils : "anticommunisme, corporatisme, antirépublicanisme espagnol...".
Dans le département, comme à Paris, la tension monte et l'affrontement est inévitable. Renaud Jean est agressé (Article du Travailleur (216 JX 3) du 1er août 1936) puis il est victime d'un attentat de l'extrême droite à Yvetot.

La mobilisation des forces de gauche se poursuit
Manifestation départementale du Front populaire sur le Gravier à Agen
Le 14 juillet 1936, 3 000 participants s'associent à la fête organisée par le comité départemental de Front populaire. Plus qu'une démonstration de force, il s'agit de prolonger la fièvre et l'allégresse des deux mois précédents. A ce moment là, la France, le Lot-et-Garonne est en grève. Le choix du lieu raisonne dans toutes les têtes. Depuis le Moyen Age et surtout depuis la Révolution le Gravier est l'espace public dévolu au peuple et exprimant, aux travers de rituels plus ou moins organisés, les aspirations et les frustrations de la population laborieuse de la ville et du département. Bref, un lieu de mémoire qui se réactive de façon récurrente au fil du temps.
(Lettre du 15 juillet 1936 de l'inspecteur de la police spéciale à son commissaire, 1850 W 50)

Congrès communiste à Marmande
La fièvre des grèves commence à retomber. Les premières difficultés du Front populaire apparaissent. L'insurrection franquiste a été déclenché en Espagne depuis neuf jours.
C'est dans ce contexte que les communistes lot-et-garonnais se réunissent dans le fief de Renaud Jean. L'heure est au bilan. L'autosatisfaction au niveau local est de rigueur mais les doutes apparaissent au niveau national tandis que l'inquiétude internationale s'invite à la fête.

Léo Lagrange vient à Nérac et à Villefranche du Queyran durant l'été 1936 pour inaugurer plusieurs auberges de jeunesse.
Les comités de Front populaire se développent dans le département afin de pousser les élus à appliquer les mesures prises par le gouvernement.
(Article du Travailleur (216 JX 3) du 25 juillet 1936)
   
 

Plan du chapitre


I. Les mesures du Front populaire

II. Renaud Jean, un acteur national du front populaire

III. Les mouvements de grève en Lot-et-Garonne et la mobilisation paysanne






       
 
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