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Le Lot-et-Garonne des années trente : 2e partie |
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C'est donc une victoire sans appel des forces de gauche, des mouvements et des partis associés au sein du Front populaire. Mais une analyse plus fine permet de nuancer les résultats du scrutin. Les grands vainqueurs sont les communistes. Mais, il y a trois grands perdants : les radicaux, les modérés du centre et du centre droit et l'extrême droite. Le glissement à gauche de l'électorat est sensible. La crise économique et sociale combinée à l'inquiétude face aux périls fascistes (intérieur et extérieur) a fait basculer bon nombre d'électeurs "bourgeois" dans un vote protestataire mais empreint d'espoir. Les radicaux en furent les premières victimes ainsi que les centristes. Leurs positions parfois ambiguës face aux ligues ainsi que leurs participations aux gouvernements passés furent sanctionnées. Quant à l'extrême droite la percée tant attendue n'a pas eu lieu, les français restent très majoritairement encore confiants dans la république. Ces résultats sont surprenants pour tout le monde : autorités, partis politiques et populations. Pour les autorités c'est une douche froide, la machine d'État et l'administration devront opérer une mutation en profondeur et changer totalement leur façon de fonctionner. La configuration politique est tout à fait nouvelle. Pour la première fois (excepté le court et peu convaincant épisode du cartel) la gauche est au pouvoir. Pour la première fois le parti communiste est associé à une majorité qui gouverne. Certes il ne participe pas au gouvernement mais aux yeux des français c'est tout comme. Il s'agit là d'une rupture historique. La S.F.I.O. qui a le leadership à gauche se doit de transformer une coalition de circonstances en une dynamique de réformes. L'enjeu est de taille, la responsabilité est énorme. L'avance de la S.F.I.O. sur les radicaux n'avait été diagnostiquée par personne. Blum, au détriment de Daladier, devient donc le leader, au pied levé, du Front populaire. A droite l'inquiétude est grande, les frustrations nombreuses. Les centristes se retrouvent propulsés à droite tandis que la droite conservatrice qui a fortement joué sur l'anticommunisme a du mal à se positionner face à une droite réactionnaire qui ne perd pas d'influence. Pour l'extrême droite la dynamique née du 6 février 1934 ne s'est pas traduite dans les urnes. L'heure est donc à la révision totale dans la stratégie de prise du pouvoir. Dans les deux camps le spectre de la revanche plane. Circonscription de Marmande, scrutin du 26 avril 1936 : Renaud Jean : 9 550 voix, élu au 1er tour avec 51.7% des suffrages exprimés Laban : 4 306 voix, soit 23.3% des suffrages exprimés Boisvert : 3 696 voix, soit 20.1% des suffrages exprimés Baylac : 909 voix, 4.9% des suffrages exprimés Blanc ou nuls : 403 voix, 2.1% des suffrages exprimés Abstention : 13% des inscrits Les résultats de Renaud Jean aux législatives, 1928/1936
Nombre de voix S.F.I.O. et S.F.I.C. au premier tour des élections législatives :
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