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1ère partie :
Le contexte de la campagne électorale et la victoire du Front populaire

2ème partie :
La campagne électorale, les élections et la victoire du Front populaire : l'exemple du Marmandais

3ème partie :
Le Front populaire au pouvoir : l'exemple du Lot-et-Garonne et de Renaud Jean

4ème partie :
Les échecs, la chute du Front populaire, la reprise des grèves : un regard Lot-et-garonnais

Conclusion

Bibliographie

Exercices


Le Lot-et-Garonne des années trente : 2e partie

III/ Le triomphe de Renaud Jean et du Front populaire aux élections législatives de 1936

Composition de la chambre des députés

  1932   1936   Variation entre
les 2 scrutins
Abstentions 16%   15%   -1%
Isolés 3 Extrême droite, droite et centre : 258 sièges 128 Extrême droite, droite -20
Républicains du centre 6    
Indépendants 23    
Groupe républicain et social 18    
Fédération républicaine du centre 41    
Démocratie populaire 17    
Centre républicain et républicains de gauche 76 95 Centre et centre droit -55
Gauche radicale et indépendants de gauche 74    
Gauche indépendante 15 Gauche non S.F.I.C. : 345 28 Front populaire : 389 sièges + 4 (Unité ouvrière comprise)
Républicains radicaux et radicaux socialistes 160 111 -49
Parti socialiste français et républicains socialistes 29 29 +0
S.F.I.O. 132 149 +17
Unité ouvrière (trotskiste) 9    
S.F.I.C. 11   72 +61
Total 614   612    

C'est donc une victoire sans appel des forces de gauche, des mouvements et des partis associés au sein du Front populaire.
Mais une analyse plus fine permet de nuancer les résultats du scrutin.
Les grands vainqueurs sont les communistes. Mais, il y a trois grands perdants : les radicaux, les modérés du centre et du centre droit et l'extrême droite.
Le glissement à gauche de l'électorat est sensible. La crise économique et sociale combinée à l'inquiétude face aux périls fascistes (intérieur et extérieur) a fait basculer bon nombre d'électeurs "bourgeois" dans un vote protestataire mais empreint d'espoir. Les radicaux en furent les premières victimes ainsi que les centristes. Leurs positions parfois ambiguës face aux ligues ainsi que leurs participations aux gouvernements passés furent sanctionnées.
Quant à l'extrême droite la percée tant attendue n'a pas eu lieu, les français restent très majoritairement encore confiants dans la république.
Ces résultats sont surprenants pour tout le monde : autorités, partis politiques et populations.
Pour les autorités c'est une douche froide, la machine d'État et l'administration devront opérer une mutation en profondeur et changer totalement leur façon de fonctionner.
La configuration politique est tout à fait nouvelle. Pour la première fois (excepté le court et peu convaincant épisode du cartel) la gauche est au pouvoir. Pour la première fois le parti communiste est associé à une majorité qui gouverne. Certes il ne participe pas au gouvernement mais aux yeux des français c'est tout comme. Il s'agit là d'une rupture historique. La S.F.I.O. qui a le leadership à gauche se doit de transformer une coalition de circonstances en une dynamique de réformes. L'enjeu est de taille, la responsabilité est énorme.
L'avance de la S.F.I.O. sur les radicaux n'avait été diagnostiquée par personne. Blum, au détriment de Daladier, devient donc le leader, au pied levé, du Front populaire.
A droite l'inquiétude est grande, les frustrations nombreuses. Les centristes se retrouvent propulsés à droite tandis que la droite conservatrice qui a fortement joué sur l'anticommunisme a du mal à se positionner face à une droite réactionnaire qui ne perd pas d'influence. Pour l'extrême droite la dynamique née du 6 février 1934 ne s'est pas traduite dans les urnes. L'heure est donc à la révision totale dans la stratégie de prise du pouvoir.
Dans les deux camps le spectre de la revanche plane.

Les résultats dans le Lot-et-Garonne : document.10 document.11
Circonscription de Marmande, scrutin du 26 avril 1936 :
Renaud Jean : 9 550 voix, élu au 1er tour avec 51.7% des suffrages exprimés
Laban : 4 306 voix, soit 23.3% des suffrages exprimés
Boisvert : 3 696 voix, soit 20.1% des suffrages exprimés
Baylac : 909 voix, 4.9% des suffrages exprimés
Blanc ou nuls : 403 voix, 2.1% des suffrages exprimés
Abstention : 13% des inscrits

Les résultats de Renaud Jean aux législatives, 1928/1936
  Nombre de voix Résultats
1er tour 1928 6 407 Ballotage
Second tour 1928 8 000 Battu
1er tour 1932 5 023 Ballotage
Second tour 1932 7 491 Elu (triangulaire)
1er tour 1936 9 550 Elu

Nombre de voix S.F.I.O. et S.F.I.C. au premier tour des élections législatives :
  1932 1936
S.F.I.O. en Lot-et-Garonne 8 916 4 967
S.F.I.O. en France 1 956 780 1 922 123
S.F.I.C.en Lot-et-Garonne 11 429 20 625
S.F.I.C. en France 773 850 1 503 125

   
 

Plan du chapitre


I. L'attitude des autorités : une victoire de la gauche non annoncée

II. Une campagne tendue

III. Le triomphe de Renaud Jean et du Front populaire






       
 
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